lundi 17 mars 2014

Plage Soumbédioune: A la découverte des chercheurs de produits de mer


plage soumbédioune
Sa grande taille, sa grande corpulence, mais surtout sa voix suave et son français correcte procurent une certaine sécurité et un sentiment de bon accueil dès la prise de contact avec lui. Sory Sow, 28 ans, est un plongeur et vendeur de fruit de mer à la plage soumbedioune, depuis 2008. 

Chaque matin, vers les coups de huit heures, Sory sow et d’autres plongeurs se retrouvent à la plage de soumbédioune. Guettant l’apparition  de la silhouette  d’Ousmane Gueye, qui va les conduire à l’île des serpents, les plongeurs enfilent leurs combinaisons et  masques. Avant leur départ, ils négocient sur la somme à donner à Ousmane, le propriétaire de la pirogue devant les transporter à leur destination. Le prix est fixé à 2000 f Cfa pour chaque plongeur. Finis les derniers réglages. L’heure du départ a sonné. La pirogue se dirige maintenant vers l’île des serpents.
Autrefois, les agents des Eaux et forêts veillaient à la protection des oiseaux vivant sur l’île. Ainsi, il n’était pas permis aux plongeurs de s’approcher, de cet endroit à plus de 50 mètres. Ceux qui refusaient d’obéir à ces mesures étaient arrêtés et conduits en prison. « Avant, nous étions obligés d’aller  plonger à Gorée à cause de cette interdiction. Mais depuis 2010, nous pouvons nous y rendre comme bon nous semble. Les agents des eaux et forets  ne sont plus là, ils ont fui » confie Sorry sow avec fierté. Poursuivant ses explications sur un ton empreint de tristesses, il nous raconte le drame qui s’était produit sur cette même île en juillet 2010. « Moustapha Sarr, un pêcheur a été tué par balle par l’un des agents des écogardes de Soumbédioune », se souvient M. Sow. A en croire ce dernier, suite à cet incident, les relations restent tendues entre les pêcheurs, les plongeurs et les agents des Eaux et forêts.
Alors que le soleil est au zénith, les plongeurs reviennent sur la plage avec des tas de moules, de belons, et de berniques. Aussitôt, Sory sow se dirige vers un petit coin de la plage pour faire du feu. Il fait bouillir les moules et berniques afin de retirer la chair de la coquille. Pour les bilos il les fait juste braiser. A quinze heures, le jeune plongeur prépare sa table et se dépêche d’agencer, en tas de 5, les moules qu’il vend habituellement à 500 f Cfa. Et le kilogramme est cédé  à 1500f pour celles encore fraiches.
Toujours pas de clients alors que le soleil commence à se coucher. Vieux Gaspard, 25 ans, voisin de table de Sorry Sow est aussi vendeur d’oursins (une autre variété des fruits de mer). Il affirme ne pas être découragé par le manque de clients. Ils se tournent les pouces tout en espérant de voir l’ombre d’un acheteur. Selon eux, cette activité peut rapporter au minimum 3000f Cfa par jour. « Il arrive des fois où nous vendions jusqu’à 5000 f  Cfa voire 10000 f Cfa  la journée. C’est le plus souvent pendant les vacances car il y a des touristes qui connaissent bien ses fruits que nous vendions » dit-il. Selon ces jeunes hommes, cette activité leur permet de vivre sans nuire aux autres que ce soit sur la plage soumbédioune ou sur le marché. Cela leur permet également et surtout de se prendre en charge et de gérer au moins certaines dépenses quotidiennes de la famille.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire