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| plage soumbédioune |
Chaque matin, vers les coups de huit heures, Sory sow et
d’autres plongeurs se retrouvent à la plage de soumbédioune. Guettant
l’apparition de la silhouette d’Ousmane Gueye, qui va les conduire
à l’île des serpents, les plongeurs enfilent leurs combinaisons et
masques. Avant leur départ, ils négocient sur la somme à donner à
Ousmane, le propriétaire de la pirogue devant les transporter à leur
destination. Le prix est fixé à 2000 f Cfa pour chaque plongeur. Finis les
derniers réglages. L’heure du départ a sonné. La pirogue se dirige maintenant
vers l’île des serpents.
Autrefois, les agents des Eaux et forêts veillaient à la
protection des oiseaux vivant sur l’île. Ainsi, il n’était pas permis aux
plongeurs de s’approcher, de cet endroit à plus de 50 mètres. Ceux qui
refusaient d’obéir à ces mesures étaient arrêtés et conduits en prison.
« Avant, nous étions obligés d’aller plonger à Gorée à cause de
cette interdiction. Mais depuis 2010, nous pouvons nous y rendre comme bon nous
semble. Les agents des eaux et forets ne sont plus là, ils ont fui »
confie Sorry sow avec fierté. Poursuivant ses explications sur un ton empreint
de tristesses, il nous raconte le drame qui s’était produit sur cette même île
en juillet 2010. « Moustapha Sarr, un pêcheur a été tué par balle par l’un
des agents des écogardes de Soumbédioune », se souvient M. Sow. A en
croire ce dernier, suite à cet incident, les relations restent tendues entre
les pêcheurs, les plongeurs et les agents des Eaux et forêts.
Alors que le soleil est au zénith, les plongeurs reviennent
sur la plage avec des tas de moules, de belons, et de berniques. Aussitôt, Sory
sow se dirige vers un petit coin de la plage pour faire du feu. Il fait
bouillir les moules et berniques afin de retirer la chair de la coquille. Pour
les bilos il les fait juste braiser. A quinze heures, le jeune plongeur prépare
sa table et se dépêche d’agencer, en tas de 5, les moules qu’il vend
habituellement à 500 f Cfa. Et le kilogramme est cédé à 1500f pour celles
encore fraiches.
Toujours pas de clients alors que le soleil commence à se
coucher. Vieux Gaspard, 25 ans, voisin de table de Sorry Sow est aussi vendeur
d’oursins (une autre variété des fruits de mer). Il affirme ne pas être
découragé par le manque de clients. Ils se tournent les pouces tout en espérant
de voir l’ombre d’un acheteur. Selon eux, cette activité peut rapporter au
minimum 3000f Cfa par jour. « Il arrive des fois où nous vendions jusqu’à
5000 f Cfa voire 10000 f Cfa la journée. C’est le plus souvent
pendant les vacances car il y a des touristes qui connaissent bien ses fruits
que nous vendions » dit-il. Selon ces jeunes hommes, cette activité leur
permet de vivre sans nuire aux autres que ce soit sur la plage soumbédioune ou
sur le marché. Cela leur permet également et surtout de se prendre en charge et
de gérer au moins certaines dépenses quotidiennes de la famille.

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