samedi 25 avril 2015

Sénégal-Kédougou : La fermeture des sites d’orpaillages, un "handicap" pour les populations de Tomboronkoto

Orpailleuses de Tomboronkoto, Kédougou
Kédougou, une région située à 700 km de la capitale sénégalaise. Elle est plus connue pour sa zone aurifère. L’orpaillage traditionnel est une activité qui existe depuis belles lurettes dans les sites miniers. Depuis des décennies, les populations locales y accordent une grande importance, une source de revenu selon elles. Mais pour les autorités cela entraine une baisse des activités agricoles et un désordre dans les sites d’orpaillages. Une situation que le Chef d'Etat du Sénégal , Macky SALL, entend régulariser.


Indignée, c’est avec un visage révolté que Mansata Keita, orpailleuse à Tomboronkoto, s’en prend aux autorités publiques. La quinquagénaire déplore avec ténacité la fermeture, selon un arrêté ministériel, des « diouras », sites d’orpaillages à Kédougou. « Nous avons trouvé nos aïeux dans l’extraction de l’or et des métaux précieux des puits. Nous faisons de même et c’est notre source de revenus. C’est avec cette activité que nous nourrissons nos familles et envoyons nos enfants à l’école et à l’hôpital. Alors pourquoi l’Etat nous en prive ?» s’est indignée Mansata Keita devant nos caméras. Soutenu par un groupe de femmes à ses côtés, l’orpailleuse affirme que « l’exploitation minière est plus rentable que l’agriculture dans les zones aurifères. Elles n’ont donc pas l’intention de la délaisser même en période hivernale.»

C’est le désarroi chez les orpailleurs depuis la fermeture des sites d’orpaillage. Lors du conseil des ministres du 17 avril dernier délocalisé à Kédougou, le Président Macky Sall a décidé de fermer les sites d’orpaillage pendant l’hivernage. Objectif : réorganiser le secteur minier pour une bonne gestion et relancer l’agriculture en perte de valeurs dans ces zones aurifères du sud est du Sénégal. Une décision qui ne sied pas aux orpailleurs. Par ailleurs des Groupements d’Intérêts Economiques (GIE) et des policiers sont déployés sur les sites d’orpaillage notamment celui de Tomboronkoto pour assurer et vérifier le respect de cet arrêté ministériel.

Pour le président de la fédération des orpailleurs de Kédougou, les autorités publiques doivent tenir compte de leurs conditions de vie et les impliquer dans les prises de décisions. Mamadou Dramé sollicite ainsi les autorités pour des attributions de couloirs officiels pour l’exploitation minière réglementaire au profit des populations démunies.

D.S

Guinée -Elections : Poussée de violence à Conakry.

Des manifestants dans les rues de Conakry
Depuis des semaines, des manifestations émaillées de violences se multiplient dans les quartiers de Conakry, la capitale. Pour cause : le calendrier électoral proposé par la Ceni, la commission électorale nationale indépendante. L’opposition appelle ses partisans à manifester dans tout le pays.



Des manifestants laissant éclater leur colère contre le gouvernement par  des jets de pierres face à la police. Des boutiques fermées, des routes bloquées et des scènes de violences dans les rues de la banlieue de Conakry.  Le dernier bilan en date fait état d’un mort et d'une quizaine de bléssés. A l’issue de ces manifestations, une trentaine de militants ont été interpellées.  Les partisans de Cellou Dalein Diallo répondaient à une mobilisation de grande ampleur lancée par l’opposition guinéenne.

Une opposition déterminée

L’opposition souhaite la modification à tout prix du calendrier électoral. Cette dernière exige la tenue des élections communales avant la présidentielle . Elle craint une tentative de fraudes massives lors de la présidentielle dans les circonscriptions gérées par  les exécutifs communaux provisoires, désignés par le pouvoir faute de scrutin à cet échelon depuis 2005. Selon le chef de file de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, Alpha Condé refuse d'organiser un scrutin local avant la présidentielle par crainte d'une défaite qui jetterait le doute sur sa réélection.

Le niet d’Alpha Conde

Le gouvernement d’Alpha Condé rejette  cette proposition de l’opposition. « La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a présenté un chronogramme que tout le monde a vu. Avec toute la meilleure volonté du monde, la Commission a démontré qu’on ne pouvait techniquement organiser les élections communales avant 2015 » a expliqué le chef d’Etat guinéen lors de sa visite d’Etat à Paris.
« Même si on voulait organiser les élections municipales, ce ne serait pas possible avant 2016. Or l'élection présidentielle reste tout de même le scrutin principal avec une date impérative fixée par la Constitution », a-t-il  déclaré en substance.
Le dialogue est quasiment rompu entre le gouvernement guinéen et l’opposition. Toutefois, Le Chef de l’Etat affirme être ouvert au dialogue mais à condition qu’il règne un calme.

 D.S