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| Orpailleuses de Tomboronkoto, Kédougou |
Kédougou,
une région située à 700 km de la capitale sénégalaise. Elle est plus connue
pour sa zone aurifère. L’orpaillage traditionnel est une activité qui existe
depuis belles lurettes dans les sites miniers. Depuis des décennies, les
populations locales y accordent une grande importance, une source de revenu
selon elles. Mais pour les autorités cela entraine une baisse des activités
agricoles et un désordre dans les sites d’orpaillages. Une situation que le
Chef d'Etat du Sénégal , Macky SALL, entend régulariser.
Indignée, c’est
avec un visage révolté que Mansata Keita, orpailleuse à Tomboronkoto, s’en
prend aux autorités publiques. La quinquagénaire déplore avec ténacité la
fermeture, selon un arrêté ministériel, des « diouras », sites
d’orpaillages à Kédougou. « Nous avons trouvé nos aïeux dans l’extraction
de l’or et des métaux précieux des puits. Nous faisons de même et c’est notre
source de revenus. C’est avec cette activité que nous nourrissons nos familles
et envoyons nos enfants à l’école et à l’hôpital. Alors pourquoi l’Etat nous en
prive ?» s’est indignée Mansata Keita devant nos caméras. Soutenu par un
groupe de femmes à ses côtés, l’orpailleuse affirme que « l’exploitation
minière est plus rentable que l’agriculture dans les zones aurifères. Elles
n’ont donc pas l’intention de la délaisser même en période hivernale.»
C’est le
désarroi chez les orpailleurs depuis la fermeture des sites d’orpaillage. Lors
du conseil des ministres du 17 avril dernier délocalisé à Kédougou, le
Président Macky Sall a décidé de fermer les sites d’orpaillage pendant
l’hivernage. Objectif : réorganiser le secteur minier pour une bonne
gestion et relancer l’agriculture en perte de valeurs dans ces zones aurifères
du sud est du Sénégal. Une décision qui ne sied pas aux orpailleurs. Par
ailleurs des Groupements d’Intérêts Economiques (GIE) et des policiers sont déployés
sur les sites d’orpaillage notamment celui de Tomboronkoto pour assurer et vérifier
le respect de cet arrêté ministériel.
Pour le
président de la fédération des orpailleurs de Kédougou, les autorités publiques
doivent tenir compte de leurs conditions de vie et les impliquer dans les
prises de décisions. Mamadou Dramé sollicite ainsi les autorités pour des attributions
de couloirs officiels pour l’exploitation minière réglementaire au profit des
populations démunies.
D.S

