lundi 17 mars 2014

AISSATA CONTE: L’étudiante en banque assurance finance reconvertie en vendeuse de tissus.

Jeune guinéenne résidente en Cote d’Ivoire, Aissata Conté est diplômée en banque finance et assurance. Aujourd’hui, le manque d’emploi la laisse inquiète. Pour prendre son destin en main, elle a pris l’option de se convertir en vendeuse de tissus.
 Ses gros beaux yeux, sa voix suave, mais surtout ses formes généreuses ne passent pas inaperçus. Aissata Conté, affectueusement appelée Aicha est originaire de la Côte d’Ivoire. Elle est à Dakar depuis une semaine. La capitale sénégalaise ne lui est pas inconnue. A vrai dire, c’est une ancienne étudiante de l’école professionnelle AFI / UE de la zone B. Comme de nombreux étudiants étrangers à Dakar, elle y a passé trois années d’études en Banque Finance et Assurance avant de regagner la Côte d’Ivoire, son pays natal. La jeune femme, de teint brun, mesurant à peu près un mètre soixante, attire l’attention sur elle non seulement avec une gestuelle maitrisée mais aussi avec un fort accent ivoirien. En réalité, elle est guinéenne de nationalité, car ses parents sont originaires de ce pays. Elle est née à Abidjan et y réside depuis sa naissance en juin 1986 avec sa famille. C’est aussi dans la capitale ivoirienne qu’elle a fait ses études primaires et secondaires avant de venir en 2009 à Dakar pour poursuivre ses études jusqu’à l’obtention de la licence, option « Banque finance et assurance ». Son retour dans la capitale sénégalaise, il y a une semaine, n’est pas dans le cadre de ses études, mais plutôt pour décrocher un boulot pouvant lui permettre de joindre les bouts. Cette fois-ci, Aicha est venue s’investir dans le commerce. La jeune fille décide de ranger cahiers, livres, crayons pour se lancer définitivement l’achat et la vente de tissus. Ainsi, elle paie des quantités de tissus de tout genres à Dakar pour afin les écouler à Abidjan. Le voyage entre ces deux capitales est finalement devenu une navette pour cette diplômée en Banque, finance et assurance. Cadette de sa famille, elle est au chômage depuis son retour d’Accra en 2011, où elle était partie pour renforcer son niveau en anglais. Un apprentissage, qui à son avis, ne lui a pas apporté grand-chose. « A ce stade de ma vie, je ne peux pas attendre les bras croisés, il fallait que je me bouge avec quelques activités car dans la vie il n’y a pas de sot métier » se confit-elle d’un air plus sérieu. Indiquant avoir fait des stages dans des entreprises ivoiriennes, mais sans suite pour ce qui est de son recrutement. « Je m’étais rendue compte que les employeurs m’exploitaient, car ils me faisaient beaucoup travailler sans contrat », déplore l’ancienne pensionnaire de l’école AFI / UE de la zone B. En dépit de ces obstacles, Aicha ne compte pas baisser les bras. Elle est réconfortée par un de ses proches, Cherif Diallo, un ami avec qui, elle a fait les classes d’AFI. Plus chanceux qu’Aicha dans les études, M. Diallo est, aujourd’hui, agent comptable dans une banque sénégalaise de la place. Acquiesçant de la tête suivi d’un léger sourire au bout des lèvres, aicha se veut optimiste et battante. Son ami témoigne de sa bravoure, son  dynamisme  et de son intelligence. En attendant de trouver un emploi comme son camarade, Cherif, elle achète des tissus sénégalais, des complets, des chaussures au marché des Hlm pour les revendre à Abidjan. Les activités dans le commerce permettent à Aicha de subvenir à ces besoins, en attendant des lendemains meilleurs.

Plage Soumbédioune: A la découverte des chercheurs de produits de mer


plage soumbédioune
Sa grande taille, sa grande corpulence, mais surtout sa voix suave et son français correcte procurent une certaine sécurité et un sentiment de bon accueil dès la prise de contact avec lui. Sory Sow, 28 ans, est un plongeur et vendeur de fruit de mer à la plage soumbedioune, depuis 2008. 

Chaque matin, vers les coups de huit heures, Sory sow et d’autres plongeurs se retrouvent à la plage de soumbédioune. Guettant l’apparition  de la silhouette  d’Ousmane Gueye, qui va les conduire à l’île des serpents, les plongeurs enfilent leurs combinaisons et  masques. Avant leur départ, ils négocient sur la somme à donner à Ousmane, le propriétaire de la pirogue devant les transporter à leur destination. Le prix est fixé à 2000 f Cfa pour chaque plongeur. Finis les derniers réglages. L’heure du départ a sonné. La pirogue se dirige maintenant vers l’île des serpents.
Autrefois, les agents des Eaux et forêts veillaient à la protection des oiseaux vivant sur l’île. Ainsi, il n’était pas permis aux plongeurs de s’approcher, de cet endroit à plus de 50 mètres. Ceux qui refusaient d’obéir à ces mesures étaient arrêtés et conduits en prison. « Avant, nous étions obligés d’aller  plonger à Gorée à cause de cette interdiction. Mais depuis 2010, nous pouvons nous y rendre comme bon nous semble. Les agents des eaux et forets  ne sont plus là, ils ont fui » confie Sorry sow avec fierté. Poursuivant ses explications sur un ton empreint de tristesses, il nous raconte le drame qui s’était produit sur cette même île en juillet 2010. « Moustapha Sarr, un pêcheur a été tué par balle par l’un des agents des écogardes de Soumbédioune », se souvient M. Sow. A en croire ce dernier, suite à cet incident, les relations restent tendues entre les pêcheurs, les plongeurs et les agents des Eaux et forêts.
Alors que le soleil est au zénith, les plongeurs reviennent sur la plage avec des tas de moules, de belons, et de berniques. Aussitôt, Sory sow se dirige vers un petit coin de la plage pour faire du feu. Il fait bouillir les moules et berniques afin de retirer la chair de la coquille. Pour les bilos il les fait juste braiser. A quinze heures, le jeune plongeur prépare sa table et se dépêche d’agencer, en tas de 5, les moules qu’il vend habituellement à 500 f Cfa. Et le kilogramme est cédé  à 1500f pour celles encore fraiches.
Toujours pas de clients alors que le soleil commence à se coucher. Vieux Gaspard, 25 ans, voisin de table de Sorry Sow est aussi vendeur d’oursins (une autre variété des fruits de mer). Il affirme ne pas être découragé par le manque de clients. Ils se tournent les pouces tout en espérant de voir l’ombre d’un acheteur. Selon eux, cette activité peut rapporter au minimum 3000f Cfa par jour. « Il arrive des fois où nous vendions jusqu’à 5000 f  Cfa voire 10000 f Cfa  la journée. C’est le plus souvent pendant les vacances car il y a des touristes qui connaissent bien ses fruits que nous vendions » dit-il. Selon ces jeunes hommes, cette activité leur permet de vivre sans nuire aux autres que ce soit sur la plage soumbédioune ou sur le marché. Cela leur permet également et surtout de se prendre en charge et de gérer au moins certaines dépenses quotidiennes de la famille.

mardi 4 mars 2014

Le système de santé au Sénégal avant la CMU

organisation du système de santé au Sénégal


Le système de santé du Sénégal est organisé selon une structure pyramidale à trois niveaux. Il s’agit du niveau central, intermédiaire constitué par les Régions Médicales et périphérique appelé district sanitaire. 

Le niveau central regroupe, outre le cabinet du Ministère, le Secrétariat Général, des Directions et des Services rattachés. Trois ordres de difficultés gênent le fonctionnement des services sur le plan institutionnel : le nombre important de services rattachés, le conflit de compétences entre services centraux partageant les mêmes missions, le manque de précision dans les missions du fait de l’absence d’arrêtés » d’application.
Pour le niveau intermédiaire en parlant de la Région Médicale (RM), le Sénégal compte 14 régions médicales. La région médicale, dont l’aire d’intervention correspond à celle de la région administrative, assure la coordination, la supervision, l’inspection et le contrôle des structures sanitaires publiques et privées de la région. Elle organise la collaboration technique entre toutes les structures régionales de santé et les assiste dans leur tache d’administration, de gestion et de planification. Toutefois, les Régions Médicales jouent difficilement ce rôle en raison de l’insuffisance des capacités et des  ressources humaines et logistiques.
Et pour le niveau périphérique s’agissant du District Sanitaire (DS), le Sénégal compte    69 districts sanitaires qui constituent une subdivision  sanitaire proche des populations. Le district est l’unité opérationnelle la plus périphérique de la pyramide sanitaire.           Il s’y applique la médecine dans son aspect quadridimensionnel : curatif, préventif, social et éducatif. Le district est constitué d’un ou de plusieurs centres de santé et englobe un réseau de postes de santé eux-mêmes supervisant les cases de santé et les maternités rurales. Les   districts comme les régions médicales manquent de capacités. Cette situation explique la faiblesse des équipes cadres.