Jeune guinéenne résidente en Cote
d’Ivoire, Aissata Conté est diplômée en banque finance et assurance.
Aujourd’hui, le manque d’emploi la laisse inquiète. Pour prendre son destin en
main, elle a pris l’option de se convertir en vendeuse de tissus.
Ses gros beaux yeux, sa voix suave, mais surtout ses
formes généreuses ne passent pas inaperçus. Aissata Conté, affectueusement
appelée Aicha est originaire de la Côte d’Ivoire. Elle est à Dakar depuis une
semaine. La capitale sénégalaise ne lui est pas inconnue. A vrai dire, c’est
une ancienne étudiante de l’école professionnelle AFI / UE de la zone B.
Comme de nombreux étudiants étrangers à Dakar, elle y a passé trois années
d’études en Banque Finance et Assurance avant de regagner la Côte d’Ivoire, son
pays natal. La jeune femme, de teint brun, mesurant à peu près un mètre
soixante, attire l’attention sur elle non seulement avec une gestuelle
maitrisée mais aussi avec un fort accent ivoirien. En réalité, elle est
guinéenne de nationalité, car ses parents sont originaires de ce pays. Elle est
née à Abidjan et y réside depuis sa naissance en juin 1986 avec sa famille.
C’est aussi dans la capitale ivoirienne qu’elle a fait ses études primaires et
secondaires avant de venir en 2009 à Dakar pour poursuivre ses études jusqu’à
l’obtention de la licence, option « Banque finance et assurance ».
Son retour dans la capitale sénégalaise, il y a une semaine, n’est pas dans le
cadre de ses études, mais plutôt pour décrocher un boulot pouvant lui permettre
de joindre les bouts. Cette fois-ci, Aicha est venue s’investir dans le
commerce. La jeune fille décide de ranger cahiers, livres, crayons pour se
lancer définitivement l’achat et la vente de tissus. Ainsi, elle paie des
quantités de tissus de tout genres à Dakar pour afin les écouler à Abidjan. Le
voyage entre ces deux capitales est finalement devenu une navette pour cette
diplômée en Banque, finance et assurance. Cadette de sa famille, elle est au
chômage depuis son retour d’Accra en 2011, où elle était partie pour renforcer
son niveau en anglais. Un apprentissage, qui à son avis, ne lui a pas apporté
grand-chose. « A ce stade de ma vie,
je ne peux pas attendre les bras croisés, il fallait que je me bouge avec
quelques activités car dans la vie il n’y a pas de sot métier »
se confit-elle d’un air plus sérieu. Indiquant avoir fait des stages dans
des entreprises ivoiriennes, mais sans suite pour ce qui est de son
recrutement. « Je m’étais rendue compte que les employeurs m’exploitaient, car ils me
faisaient beaucoup travailler sans contrat », déplore l’ancienne
pensionnaire de l’école AFI / UE de la zone B. En dépit de ces obstacles,
Aicha ne compte pas baisser les bras. Elle est réconfortée par un de ses
proches, Cherif Diallo, un ami avec qui, elle a fait les classes d’AFI. Plus
chanceux qu’Aicha dans les études, M. Diallo est, aujourd’hui, agent comptable
dans une banque sénégalaise de la place. Acquiesçant de la tête suivi d’un
léger sourire au bout des lèvres, aicha se veut optimiste et battante. Son ami
témoigne de sa bravoure, son dynamisme et de son intelligence. En
attendant de trouver un emploi comme son camarade, Cherif, elle achète des
tissus sénégalais, des complets, des chaussures au marché des Hlm pour les
revendre à Abidjan. Les activités dans le commerce permettent à Aicha de
subvenir à ces besoins, en attendant des lendemains meilleurs.

