jeudi 12 décembre 2013

Accès à la terre : La première bataille à gagner pour les femmes

Des femmes dans les champs



L’accès des femmes à la terre demeure un problème crucial dans le monde rural. Et pourtant, elles restent l’un des maillons essentiels de la production agricole. 

Dans le monde rural, accéder à la terre est une véritable gageure pour les femmes. C’est notamment le cas à Gaya, une communauté rurale située dans le département Dagana et qui regorge une forte potentialité agricole. Alors que, dans cette zone, ces femmes sont la pièce maîtresse des activités agricoles. En effet, grâce à une volonté sans commune mesure et un dynamisme à revendre, elles parviennent à assurer la sécurité alimentaire du ménage ou de la famille. Du maraîchage à la riziculture, ces femmes de la communauté rurale de Gaya, démontrent tout un savoir-faire pour mettre en valeur la terre. Pourtant, c’est difficilement qu’elles parviennent à disposer d’un lopin de terre pour exercer leurs activités.  ’Elles s’en sortent difficilement car croulant sous le poids de la dette contractée pour louer les terres », souligne Mariama Sow, conseillère municipale et femme leader. Selon elle, le mètre carré de terre est loué entre 750 Fcfa et 1500 Fcfa.
 Les causes de cet accès ‘’difficile’’ des femmes rurales à la terre sont nombreuses. Elles sont liées à la fois à des considérations d’ordre traditionnel, culturel et voire même cultuel. La plus part du temps, les femmes ayant des terres sont dans les  communautés rurales de Bokhol et  Ndiarème mais ne sont pas instruites. Ce qui fait qu’elles manquent de techniques appropriées pour les exploiter.  De même leur absence dans les différentes instances de décision constitue un autre facteur bloquant. A Gaya, en général, les terres ne sont pas attribuées aux femmes pour « des raisons taboues » affirme Mariama Sow.
Pour changer cette donne et faciliter l’accès  des femmes à la terre, des ONG et particulièrement le Réseau Africain pour le Développement Intégré(RADI) ont  sensibilisé les femmes de Fanaye sur la gestion et l’acquisition des terres. Elles  ont fait savoir aux femmes leurs droits. Ce qui a donné des résultats positifs.
 ‘’Grâce au RADI et à ses partenaires, des parcelles ont été octroyés à certaines femmes ainsi que des fonds d’aide et des aménagements pour qu’elles réussissent ’’  explique Awa Ladianne, animatrice du RADI.
A Gaya, les femmes ont bénéficié des financements de la Caisse Nationale du  Crédit Agricole du Sénégal (CNCA) et des mutuelles. Mais elles manquent d’unités de transformation. Elles produisent 25 tonnes  voir 30 tonnes à l’hectare. Après la commercialisation, elles gagnent beaucoup d’argent. Aujourd’hui, leur plus grand souhait est qu’elles puissent avoir facilement accès aux terres comme les hommes.

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